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Nouveau gouvernement : on change le décor, pas les acteurs

Reconduit à la tête du gouvernement ivoirien, Robert Beugré Mambé a dévoilé, le 23 janvier, une équipe largement calquée sur la précédente. Si la plupart des ministres conservent leurs portefeuilles, un changement majeur retient l’attention : l’entrée de Téné Birahima Ouattara au rang de vice-Premier ministre, cumulant cette fonction avec le ministère de la Défense.

La semaine aura été marquée par une longue attente politique en Côte d’Ivoire. Après la reconduction de Robert Beugré Mambé à la primature, le 21 janvier, il restait au président Alassane Ouattara à former un nouveau gouvernement afin de relancer pleinement l’action publique, au sortir d’une présidentielle et de législatives organisées à un rythme soutenu. Deux jours plus tard, l’exécutif est désormais en place.

Un vice-Premier ministre et peu de bouleversements

La principale nouveauté de cette équipe réside dans la création du poste de vice-Premier ministre, confié à Téné Birahima Ouattara. Surnommé « Photocopie », le frère cadet du chef de l’État conserve également le portefeuille stratégique de la Défense, qu’il dirige depuis 2021. Son élection récente à la députation dans la commune d’Abobo laissait déjà présager une montée en puissance.

Autre fait marquant : la sortie du gouvernement de Kobenan Kouassi Adjoumani, jusque-là ministre d’État en charge de l’Agriculture et du Développement rural. Figure de tous les gouvernements depuis 2011, il cède sa place à Bruno Nabagné Koné, précédemment ministre de la Construction. Ce dernier ne conserve toutefois pas le rang de ministre d’État.

À l’inverse, Anne Désirée Ouloto, proche du président, demeure ministre d’État, en charge de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration. Nialé Kaba quitte l’Économie et le Plan pour prendre la tête du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Dans le reste de l’équipe, la stabilité domine. Mamadou Touré reste en charge de la Jeunesse et conserve son rôle de porte-parole adjoint du gouvernement, aux côtés d’Amadou Coulibaly, ministre de la Communication. Le général Vagondo Diomandé demeure à l’Intérieur, Françoise Remarck à la Culture et à la Francophonie, et Jean Sansan Kambile à la Justice.

Un quatrième mandat sous le signe de la continuité

Un Conseil des ministres a été annoncé dans la foulée pour le samedi 24 janvier. « La feuille de route est claire : accélérer les chantiers structurants, consolider les acquis et améliorer durablement le quotidien des populations », avait déclaré Robert Beugré Mambé lors de sa reconduction.

La composition de ce gouvernement, très attendue et abondamment commentée ces derniers jours, confirme une orientation politique assumée : en maintenant le même Premier ministre et la majorité des ministres à leurs postes, Alassane Ouattara place l’ouverture de son quatrième mandat sous le signe de la continuité. La transmission générationnelle, régulièrement évoquée au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), devra encore patienter.

Une rentrée politique sous tension

La mise en place du nouvel exécutif marque le début de la rentrée politique. Fort d’une large majorité à l’Assemblée nationale, désormais présidée par Patrick Achi, le pouvoir se réorganise, tandis que l’opposition affine ses stratégies.

Laurent Gbagbo, qui avait appelé à l’abstention lors des législatives de décembre 2025, a convoqué les cadres du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) pour préparer les prochaines échéances. De son côté, Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a lancé un appel à la réforme interne et confié la présidence de son groupe parlementaire à l’avocat Jean-Chrysostome Blessy.

Enfin, Simone Ehivet Gbagbo, candidate malheureuse à la présidentielle, a reçu à son domicile, le 20 janvier, son allié de campagne Charles Blé Goudé, attendu pour une prise de parole publique le 28 janvier.