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Face à la maladie du cacao (Swollen shoot), la Côte d’Ivoire et le Ghana passent à l’offensive commune

Premier et deuxième producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé de parler d’une seule voix face à une menace grandissante : le swollen shoot, une maladie virale qui fragilise durablement les plantations et pèse sur l’avenir de toute la filière.

Réunis à Abidjan les 14 et 15 avril dans le cadre d’un atelier organisé par l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG), les deux pays ont validé une stratégie commune de lutte contre cette pathologie pour la période 2026-2031. Autour de la table : les principales institutions du secteur, dont le Conseil du Café-Cacao (CCC) et le Cocobod ghanéen, ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers.

Cette feuille de route repose sur cinq priorités : réhabiliter les plantations infectées, renforcer la surveillance phytosanitaire, actualiser la cartographie des zones touchées, intensifier la sensibilisation des producteurs et accélérer la recherche pour développer des variétés de cacao résistantes.

Car l’enjeu est de taille. Le swollen shoot est considéré comme l’une des maladies les plus destructrices du cacaoyer en Afrique. Incurable, il est transmis par des insectes et provoque des dégâts progressifs : gonflement des tiges, décoloration des feuilles, chute des rendements pouvant atteindre 50 %, avant de conduire à la mort de l’arbre en quelques années. Plus inquiétant encore, certains arbres infectés restent asymptomatiques pendant longtemps, favorisant une propagation silencieuse de la maladie.

Face à cette menace, une réponse nationale isolée ne suffit plus. Pour les deux pays, il s’agit désormais d’un défi régional qui exige une coordination étroite et un engagement sur le long terme. Cette approche collective marque un tournant dans la gestion des crises agricoles en Afrique de l’Ouest.

La situation est d’autant plus préoccupante que la maladie est déjà largement répandue. En Côte d’Ivoire, elle touche la quasi-totalité des grandes zones de production. Au Ghana, environ un quart des plantations seraient déjà affectées, avec certaines régions particulièrement exposées.

Cette pression sanitaire s’ajoute à d’autres difficultés structurelles du secteur, notamment les effets du changement climatique et l’impact de l’orpaillage illégal. Résultat : une baisse notable de la production dans les deux pays ces dernières années. En Côte d’Ivoire, la récolte a reculé de manière significative en quelques campagnes, tandis qu’au Ghana, la chute est encore plus marquée.

Au-delà des volumes, c’est toute la chaîne de valeur qui est impactée, avec une hausse des coûts de production et des tensions sur les exportations.

En unissant leurs efforts, la Côte d’Ivoire et le Ghana envoient un signal fort : préserver l’avenir du cacao passe désormais par une coopération renforcée. Une alliance stratégique pour protéger une filière essentielle à leurs économies, mais aussi à l’équilibre du marché mondial.